dimanche 18 avril 2010

Quel que soit le temps que ça prenne -perfect buttermilk pancakes-

Quand j'étais externe*, il arrivait très souvent que des gens peu fréquentables côtoyés à l'hôpital (le genre de personnes qui, voyez-vous, peuvent porter des mocassins beigeasses à gland ou un gilet sur un col roulé jaune citron ou pire, qui vous demande si quand vous parlez de Truffaut, c'est de la jardinerie dont il s'agit. Tout est presque véridique dans cette phrase) m'assènent sans ménagement que "Tu es complètement folle de vouloir être psychiatre, c'est une spécialité complètement vaine, tu vas soigner que des crakos (?), tu ferais mieux de faire assistante sociale, c'est la même chose, ou pépiniériste tiens, toi qui aimes Truffaut."
...
Les quinze derniers jours, j'ai fait beaucoup (trop) de gardes et lors de l'une d'entre elles, j'ai transféré aux urgences du CHU une jeune fille qui avait avalé plusieurs morceaux de verre. Une heure plus tard, j'ai eu un urgentiste au téléphone, il a dit "Bon, qu'est-ce qui se passe là dans ton hôpital? Ca fait une semaine qu'elle vient tous les jours pour la même chose. Est-ce que vous ne pouvez vraiment rien faire pour l'empêcher de boulotter des bouts de verre?" Et là, j'ai eu atrocement honte, honte qu'effectivement rien n'avait été fait juste pour ça, un évènement tangible, visible et dangereux dans tout ce qu'il témoigne d'angoissant.
Dans la nuit, sous les draps rêches de la chambre de garde, impossible de dormir. J'ai pensé aux patients qu'on enferme parfois dans des chambres borgnes où les lits sont de simples planches scellées au sol, j'ai pensé que parfois on y mettait des adolescentes qui avaient juste fugué, j'ai pensé aux vieilles femmes qui s'endorment dans les salles à manger désertes, le front sur la table, j'ai pensé à ceux qui viennent de la prison et qui pleurent pour y retourner parce qu'ils y ont parfois davantage de liberté, j'ai pensé à ceux qui reviennent tout la temps, qui ne peuvent plus rester chez eux, j'ai pensé aux électrochocs, aux stimulations transcrâniennes, à l'acharnement de certains à aller explorer le cerveau des psychotiques et qu'à côté de ça, on laisse les gens manger du verre, j'ai pensé à ceux qui étaient morts. J'ai pensé aux enfants qui connaissent déjà les murs des institutions psychiatriques et j'ai été saisie d'une angoisse irrépressible et tenace liée au désir de leur éviter, absolument, trop de séjours futurs à l'hôpital tout en sachant que cette tâche est une montagne. Pendant quelques jours, j'ai gardé les larmes au creux des mots. Et quand j'ai regardé un extrait de ce documentaire, je me suis sentie vraiment mal, j'ai tout reconnu là-dedans, dans le témoignage des gens, dans les prises en charge catastrophiques qu'offre parfois l'hôpital qui s'acharne à éduquer les patients sans tenir compte de leur individualité et je me suis sentie minuscule, impuissante et triste. J'imagine une autre psychiatrie. Je ne sais pas comment faire.
G. s'applique à disperser dans la cuisine des poulettes en chocolat, adorables et délicieuses, et aussi à me convaincre que ce que je m'acharne à faire avec les quelques patients dont je suis responsable, c'est déjà pas mal. Mais les autres? Et puis est-ce que je fais vraiment bien?
J'ai écouté un nombre considérable de fois Bob Dylan et Coconut records (et aussi, soyons honnête, Les piqûres d'araignée ).
C'est avec un soulagement infini que je suis sortie des draps rêches de l'hôpital ce matin parce qu'enfin, une semaine de vacances se profile! Dans ma tête, il y avait encore la fatigue de la veille, les doutes et les révoltes mais aussi la perspective de nuits plus longues, de journées plus légères. J'avais apporté une robe neuve et des petites tennis. J'ai sauté dans un bus et grimpé quatre à quatre les marches de l'immeuble, j'ai déboulé en trombe dans l'appartement et je lui ai sauté au cou.
Nous n'avons pas encore complètement déterminé l'itinéraire des vacances, quelque part dans le Finistère peut-être. Quelque chose qui reproduirait le bonheur infini de prendre le thé sur une terrasse sous les arbres, un peu à l'écart de l'agitation de la ville, sur des tables bleues et vertes, comme cet après-midi au pied de l'église du Vieux Saint-Etienne, définitivement mon endroit préféré pour boire un verre, aux beaux jours.
Et puis ce soir, pour terminer une petite bouteille de lait ribot, des pancakes qui me font penser à ces serveuses américaines qui vous assurent, badge à leur prénom et tablier en dentelle à l'appui, que ce sont the best in town. Perfect!

Perfect buttermilk pancakes
Une recette de Nigella Lawson, dans How to be a domestic goddess
Pour une douzaine de pancakes

-30g de beurre fondu et refroidi
-2 oeufs
-300mL de lait ribot
-225g de farine
-1CS de levure
-1cc de sucre en poudre

Mélanger d'une part les oeufs avec le lait puis ajouter le beurre.
Mélanger d'autre part la farine, la levure et le sucre.
Incorporer le mélange liquide au solide.
Faire cuire dans une poêle avec un peu de beurre: retourner le pancake quand des petites bulles se forment à la surface.
Je les adore avec du beurre et le millésime 2008 de la confiture de fraises de sa grand-mère du Sud-Ouest.

*un externe est un étudiant en médecine entre sa quatrième et sa sixième année jusqu'au concours de l'internat. Pour vous donner une idée, c'était le personnage de Lucy Knight dans Urgences, vous vous rappelez? J'adorais sa maladresse qui n'était qu'apparence.

33 Comments:

Anonymous Philou said...

Il est très difficile réagir à l'introduction de ta recette. Comment parler intelligemment de quelque chose que je ne connais pas ?

En même temps, je me dis, est-ce que toutes ces personnes iraient mieux s'il n'y avait pas ces institutions aussi peu parfaites qu'elles soient, ces psychiatres et ces personnes qui veulent sonder leur cerveau ?

Mais bon, pour être un peu plus léger,la seule chose que je peux affirmer dans ce billet sans crainte de me tromper, c'est que ces buttermilk pancakes sont à tomber !

amitiés

18 avril, 2010 08:22  
Anonymous Gwen said...

Je ne m'aventurerais pas à commenter un domaine que je ne connais pas... En revanche, le lait ribot dans les pancakes est archi-testé et approuvé :)

18 avril, 2010 09:54  
Anonymous marion said...

je suis très touchée par ce que tu écris, par ton sentiment d'impuissance, par ton idéal, ton humilité

Les pancakes et les vacances au grand air sont indispensables pour recharger les batteries quand on est dans son travail comme tu l'es

Profite bien
Et merci pour ce que tu fais

18 avril, 2010 09:59  
Blogger patoumi said...

Philou: euh non vraiment, je ne crois pas que les électrodes cérébrales et des institutions telles que l'hôpital psy de ma ville puissent vraiment améliorer les patients (sauf pour quelques services, mais alors vraiment minoritaires). Mais bon, les pancakes sont extra effectivement!
Gwen: bah oui, qui n'a pas essayé ça en Bretagne?
Marion: ah mais je pense que tu peux trèèèèès bien comprendre ce truc avec les patients, impuissance, humilité et idéal à la fois. Merci, aussi.

18 avril, 2010 10:55  
Blogger the_young_dude said...

Je ne vais pas dire que j'ai les mêmes problèmes dans ma profession, ce ne serait pas vrai - tu es face à de grandes urgences, à des situations qui peuvent être terminales. Mais quand même. J'ai passé ma semaine à me battre contre des moulins à vent, et ton post me fait du bien, me rappelle qu'on finir toujours entouré(e) de gens qu'on a pas choisis, de situations qu'on ne comprend pas, qu'on ne sait pas maîtriser...
La perte de sens, elle, se pose bien dans tous les corps de métier...
Donc courage Patoumi, et bon pancakes, et bonnes vacances !!

18 avril, 2010 11:03  
Anonymous rennette said...

j'ai pleuré en te lisant et pourtant tes mots ont été comme un baume... ce que tu fais pour certains c'est une goutte mais qui peut faire une grande rivière...
je n'ai pas trouvé la force de regarder ce reportage... trop de fatigue...
passe de très bonnes vacances et on se voit à ton retour (un autre magasin ouvre rue Hoche...) j'aimerais tant une petite épicerie fine dans cette rue...

18 avril, 2010 12:32  
Anonymous rose said...

Comme le dit Pia, on finit toujours par expérimenter, quelle que soit la profession, ce sentiment de se heurter à des murs, de ne pas pouvoir mettre en place ce qui nous tient à coeur... mais je suis contente de ne pas affronter des situations aussi perturbantes ! Profite bien de cette semaine au grand air, de ces verres à boire sur des placettes aimables !

18 avril, 2010 13:47  
Anonymous LaureVR said...

Ce midi nous avons re-re-re testé les pancakes à la ricotta, avec les fruits frais, les scones de gracianne, le cottage cheese façon loukoum, tout était délicieux. Le jour où je trouve du lait ribot, je teste ces pancakes!

Et puis pour la psychiatrie, comme pour tout d'ailleurs, heureusement et malheureusement parfois, une chanson me vient à l'esprit.. "il y a un temps pour tout". ;-)

L.

18 avril, 2010 16:21  
Anonymous M the Bee said...

Courage Patoumi... Effectivement on finit toujours par ressentir ce type de sentiments au boulot. Et on les surmonte!

18 avril, 2010 18:32  
Anonymous Anonyme said...

miam des pancakes!!sounds goooood.

pour ta confidence, qu un a dit que tu étais touchante et c'est vrai. tu as au moins cette chance de pouvoir exprimer tes angoisses et tes doutes, c'est déjà ça. Pour le reste il te faut sans doute apprendre à prendre du recul, ... et c'est difficile.

suis allée hier au nouveau magasin de cuisine, passée la surprise de ne plus y voir les merveilleuses personnes qui y travaillaient avant, je me suis laissée émerveiller par tous ces ustensiles, et les prix m'ont un peu freiné ;-)

ai aussi passé quelque sheures hier chez un cuisiniste ... pfff ... à l'aide! comment faire pour agencer la cuisine idéale parmi tant de choix?

très bon bol d'air à toi.

atlante

18 avril, 2010 19:05  
Blogger Marie said...

Je suis d'accord avec toi, au- delà des mots...
C'est le sentiment que j'ai, de plus en plus dans tout ce que je vis à l'hôpital.
J'ai eu exactement la même patiente que toi, qui mange des morceaux de verre dans son mal-être quasiment toutes les semaines.
Je n'ai pas eu le courage de regarder le reportage "un monde sans fou" mais je me le garde sous le coude.
Profites bien de tes vacances!
Est ce que tu sais déjà où tu vas en stage en mai?
Pour moi, ce sera pédopsy au CHU, je ne suis pas très rassurée de passer dans ce service mais c'est pt être ce que j'aimerai faire alors...
Courage !
Plein de bisous

18 avril, 2010 19:14  
Anonymous Florence said...

Dans le Finistère, pour se vider la tête devant des paysages magnifiques, le sentier des douaniers entre Concarneau et Pont Aven est parfait.
Bonnes vacances Patoumi.
Bises.

18 avril, 2010 21:03  
Blogger Deer Prudence said...

(cette robe a l'air sublime)
Il n'est plus temps de penser aux tracas quotidien, bonnes vacances à vous!

18 avril, 2010 22:23  
Anonymous clquipopotte said...

Profites pleinement de ces quelques jours ... Profites , Profites , Profites !!!
CLquipopotte♥♥♥

18 avril, 2010 22:25  
Blogger patoumi said...

D'une chambre avec vue...
Pia: j'espère que la semaine qui se profile sera réjouissante, avec de bons films! Ca me rassure aussi de savoir que rien n'est facile nulle part, et je suis contente d'aimer autant mon travail malgré tout, ça aide quand même pas mal!
Rennette: le doc m'a été insupportable... Rendez-vous est pris pour la semaine de la rentrée! Mercredi après-midi?
Rose: je suis sûre que tu adorerais cette même terrasse, il y a une jolie librairie café juste à côté!
Laure VR: aaaah! J'ai aimé comment... ^^
M the bee: c'est un peu dur parfois de voir comment des gens qui sont sensés soigner finissent par maltraiter...
Atlante: ces pancakes-là sont définitivement les meilleurs! Je voulais aller voir s'ils avaient des moules à tarte carrés au magasin mais pas encore eu le temps... Je n'ai pas bien compris, nous avons une connaissance en commun?
Marie: comme je finis un semestre de pédo, je vais doubler, même si le stage est vraiment rude. Tu sais, j'ai vu Les nuits de la pleine lune, que j'avais en fait déjà vu, quand j'étais vraiment très ado et que j'avais adoré.
Florence: ah, nous sommes déjà plus au nortd mais je note pour la prochaine fois!
Deer prudence: oui, vous avez raison, maintenant je me concentre sur les vacances!
CL: merci

19 avril, 2010 00:00  
Anonymous Insane said...

Une montagne s'élève pierre par pierre. Pour moi tu es l'une de ces pierres. La montagne, c'est le monde meilleur dont tu rêves ...

Je le sais possible en lisant pareilles lignes.

Bien sincèrement,

19 avril, 2010 01:35  
Anonymous Laurence said...

Saisissant, ce documentaire. Je croyais que les electrochocs n'etaient plus utilises en psychiatrie, j'osais esperer que la science avait progresse... A 16 ans, j'avais rencontre une jeune fille ayant subi ce traitement, les electrochocs, les "soins intensifs" (quel euphemisme)... Elle sortait de l'hopital, avait peur du monde exterieur. Avoir peur du monde exterieur, j'avais trouve cela terrifiant. Je me disais que ces traitements n'existaient sans doute plus...

Merci, en tout cas, de faire ouvrir nos yeux sur cette realite.

The New Yorker publiait il y a peu un article interessant sur la psychiatrie americaine, qui a tendance a "creer" des maladies. Je ne sais s'il reflete la realite, mais il vous interessera peut-etre (http://www.newyorker.com/arts/critics/atlarge/2010/03/01/100301crat_atlarge_menand). Il est vrai, en tout cas, que je vois plus d'enfants "hyperactifs" ici qu'en France... et que l'etiquette et le traitement me semblent un peu vite administres.

Il n'en reste pas moins que vous faites une de ces professions qui permettent de sauver des vies ou d'apprendre a etre en paix avec soi-meme. Peut-etre pas autant que vous le souhaiteriez, peut-etre plus en douce que vous ne le souhaiteriez (je doute que les patients vous rappellent 10 ans apres pour vous dire que vous les avez sauves) mais combien d'etres humains peuvent se dire, a la fin de leur carriere, qu'ils ont aide quelqu'un a retrouver le bonheur ? Dans votre cas, au bout du compte, vous aurez sauve des dizaines de personnes et cela, c'est merveilleux. Voir l'ensemble plutot que le particulier, peut-etre.

L'autre jour, dans le train, un inconnu m'a explique que ma vie professionnelle etait de la plus grande inutilite. Lui pariait en bourse. Je suis plutot, indirectement, dans l'humanitaire. J'ai souri. Je me sens aussi, souvent, inutile, mais ce jour-la, je me suis dit que tout est relatif.

Merci pour la recette des pancakes. J'aime bien celle de Martha Stewart aussi, et ses petits trucs fort sympathiques :
http://www.marthastewart.com/article/basic-pancakes

A bientot,
Laurence

19 avril, 2010 05:36  
Blogger Gracianne said...

J'espere que tu te reposes et que tu profites de ces jours de printemps, de la brise de mer par la fenetre, d'un repos amplement merite.
Je suis passee hier, et j'ai ete incapable de mettre un commentaire sous un tel texte, l'idee de cette jeune fille avalant du verre, l'idee de la responsabilite que vous voulez bien endosser, m'ont serre la gorge.
Certes, dans tous les metiers, toutes les vies, il y a des moments d'incertitude, d'impuissance. Mais pour celui que tu as choisi, il faut une bonne dose de courage.

19 avril, 2010 14:16  
Anonymous anne said...

La première de ton billet dérange et j'irais bien au-delà... pourquoi ce pays ne consacre pas assez d'argent aux hôtitaux aux écoles (mon fils de 3 ans est dans une classe de 30 et dès le jeune âge je me demande ou est l'égalité des chances car si les parents ne partcipent pas à fond à l'éveil... ce n'est pas dans ces conditions scolaires qu'on va y arriver!) alors que l'on trouve des sous pour plein de futilités!
Mais là, c'est l'heure des vacances pour toi, alors je te souhaite du repos, de bons moments, et tout et tout!

19 avril, 2010 14:20  
Blogger Lylou said...

Je suis pleinement consciente d'être chanceuse car je ne suis pas déséquilibrée.Je suis pleinement consciente que la vie est aléatoire; à tout moment je peux passer de l'autre côté du miroir et sombrer dans la folie.Il faut être humble face à ces malchanceux de la vie;ne pas les regarder d'un œil hautain et supérieur.

19 avril, 2010 22:37  
Anonymous docgirl said...

bon, j'ai cherché un pseudo, et vu le thème du jour, j'ai pensé à ce petit nom que me donne une copine.
D'habitude, je lis (et souvent avec plaisir, c'est vrai ce qu'ils disent tous, tu sais écrire), et je m'abstiens. Mais là je me sens un peu concernée, alors je ne peux pas m'empêcher (et d'ailleurs, pour la cuisine par contre je suis plutôt incompétente).
Bref.
Certes le monde de la psychiatrie est d'une imperfection absolue. Même parfois, quand on passe dans un service à l'occasion d'une garde par exemple, on frémit, tous les cheveux se dressent, et on est soulagés de sortir, bien qu'on sache désespérément que les patients, eux, restent.
Mais. Nous sommes plusieurs, et peu-être même nombreux au bout du compte, à trouver tout ça révoltant, et à vouloir faire autrement. Alors, si déjà nous appliquons à nous même et donc à nos patients ce qui n'est pourtant que le moindre de l'éthique, nous faisons déjà quelque chose.
Et, avec le concours de chacun d'entre nous, et malgré les embuches (qui ne vont faire que s'accroitre) qu'engendre le concept assainissant (pour qui?) de Santé Mentale, j'ai envie de croire (et j'y crois) que c'est déjà un peu moins pire.
Encore un mot, n'amalgamons pas tout, électrochocs électrodes horribles enfermements et traitements inhumains. Pour ce que j'en sais les électrochocs dans certaines indications ont rendu des services. Mais tout dépend de l'éthique, encore une fois, de celui qui les prescrit, et les accompagne.
Il faut continuer d'écouter nos patients, et surtout les psychotiques? eux qu'on écoute moins, sous prétexte qu'ils sont fous.
Pardon pour cet étalage, je ne sais pas faire court malheureusement.
bonnes vacances, c'est important les vacances

19 avril, 2010 22:51  
Blogger gwenzardin said...

Bonnes vacances Patoumi
ton billet me touche au delà de tout.
Les gouttes d'eau sont utiles, ton regard surtout.
Bien à toi
Gwen

19 avril, 2010 23:59  
Blogger patoumi said...

Insane: je crois que toutes ces gardes à la suite m'ont complètement déprimée sur l'état de l'hôpital mais je reprends peu à peu confiance, et puis il y a quand même des personnes qui veulent aussi faire autrement!
Laurence: oui oui, j'avais lu l'article du Nex Yorker, j'affiche d'ailleurs des articles de ce genre à l'internat, mais ils sont souvent remisés je ne sais où... Pour les électrochocs, le progrès est qu'ils sont réalisés sous anesthésie générale mais, à part dans de rares indications très précise (mélancolie résistante), je trouve effectivement que c'est "inhumain", sans compter les effets secondaires, les risques de l'anesthésie et ce contact particulier que conservent les patients.
Gracianne: je suis sûre que tu adorerais la chambre d'hôtes où nous dormons ce soir, avec vue sur l'estuaire et les objets chinés un peu partout. Sans compter le bar grillé du dîner!
Anne: comme je partage ce que tu dis! En ce moment je travaille avec des enfants et quand j'entends parler de certaines écoles..., hum.
Lylou: ce qui est bien, c'est quand d'un déséquilibre ils parviennent à faire un équilibre!
Docgirl: comme je le disais plus haut, la sismothérapie n'a pour moi que des indications très restreintes mais il faut bien se rappeler que ce n'est pas parce qu'un traitement a des indications que c'est un BON traitement. Le côté inhumain de la psychiatrie dans certains endroits commence de toute façon parfois bien plus tôt, je me mets très souvent en colère quand j'entends "Celui-là c'est un manipulateur" ou "il faut le recadrer". Qu'est-ce que ça veut dire? Ca en dit long sur la conception des maladies mentales. On pourrait écrire très longtemps sur l'HP, là dans ce billet, c'était juste une réaction un peu à vif, les gardes (5 en 15 jours!) m'ayant un peu épuisée, tant physiquement que psychiquement!
Gwen: vous avez reçu la carte hongroise? Je pense que la prochaine fois que nous partons, cela pourrait être à Marseille.

20 avril, 2010 00:51  
Blogger emilie said...

Bonjour, j'aimerais juste savoir s'il est possible de s'abonner à votre "newsletter"? J'ai cherché de long en large sur votre page...
merci!

20 avril, 2010 09:35  
Anonymous Anonyme said...

l'autre psychiatrie comme vous dites nous l'avons pensee dans les annees 70 avec des avancees remarquables,seulement voila le probleme c'est qu'actuellement nous faisons marche arriere. vouloir a tout prix manager l'hopital comme une entreprise est une veritable catastrophe. oui passer du temps avec un patient c'est du soin mais comment faire entrer cela dans les grilles? a vous les jeunes qui arrivent dans la profession de résister.

20 avril, 2010 11:01  
Anonymous Anonyme said...

l'autre psychiatrie ciomme vous dites nous l'avons pensée dans les années 70.le probleme c'est qu'actuellement nous faisons marche arrière. vouloir a tout prix manager l'hopital comme une entreprise est catastrophique pour notre quotidien a l'H P . oui passer un moment avec un patient c'est du soin mais comment faire entrer cela dans les grilles d'évaluation? a vous les jeunes qui arrivent dans la profession de résister. bon courage!

20 avril, 2010 11:09  
Anonymous Stéphanie said...

Coucou! Ca fait un moment que je n'ai pas commenté par ici et pourtant je lis toujours chacun de tes billets... Mais cette fois, ton allusion à la terrasse du vieux St Etienne me donne bien envie d'y aller sans tarder. On pourrait s'y retrouver? On aurait déjà pu s'y croiser par hasard d'ailleurs...

20 avril, 2010 13:52  
Blogger misa said...

J'ai toujours préféré les personnes qui se posent plein de questions, à celles qui ne s'en posent pas du tout. Alors j'aime te lire, même si je l'entends, cela n'est pas facile à vivre tous les jours.
Pour les pancakes, OUI c'est la meilleure recette, j'ai la même. Et à mon retour de Bretagne la semaine dernière, inspirée par les galettes je l'ai testée sans sucre en remplaçant la moitié de la farine par de la farine de blé noir, verdict : parfait en accompagnement d'une soupe avec des harengs à la crème ! Pleins de bises.

20 avril, 2010 17:23  
Blogger patoumi said...

Emilie: je crois que je n'ai pas assez de lecteurs pour mettre en place une newsletter, qui de plus me semble être une chose compliquée à installer vue ma nullité en informatique! Désolée!
Anonyme: oui, c'est exactement ça, l'hôpital est devenu une vaste entreprise...
Stéphanie: bah oui, sans problème pour le Vieux Saint Etienne! Je te redis!
Misa: merci pour la suggestion, je vais essayer avec de la farine de sarrasin, je les imagine alors avec du saumon fumé!

21 avril, 2010 09:49  
Blogger julie said...

Je t'admire beaucoup... Je travaille en ce moment dans un centre communautaire pour sans-abris, j'observe mes collègues qui eux doivent faire face à des situations de crise tous les jours. Entre l'overdose de l'un un jour dans la ruelle derrière, les bagarres au couteau le lendemain à l'heure du déjeuner, je ne sais pas comment ils font pour tenir. Ils se disent juste que, parfois, ça sert. Et ils ont raison, comme toi.

23 avril, 2010 06:03  
Anonymous pas si pire said...

super ta recette; je viens de la réaliser ce soir avec du lait fermenté : parfait ! un vrai délice....
et sinon ta prose me fait toujours autant de bien ... c'est mon remède antiblues, merci Patoumi

23 avril, 2010 20:47  
Blogger laboratorio en movimiento said...

Il y a tout un dossier à partir du documentaire que vous mentionnez, très complet et tout à fait passionnant, qui vous intéressera peut-être, sur le site de mediapart:
http://www.mediapart.fr/content/un-monde-sans-fous-ou-les-derives-de-la-psychiatrie

A bientôt- une seule remarque, vous n'écrivez pas assez souvent!! ;)
Agnès

24 avril, 2010 01:11  
Blogger Claire said...

Hello Patoumi, ce midi j’ai testé cette recette de pancakes: c’est vrai qu’ils sont bons, mais je préfère quand mêmes ceux de Mingou! ;-)

02 mai, 2010 17:51  

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