samedi 1 décembre 2007

Les garçons et les filles, les tartes aux myrtilles et le flan au fromage frais de Sophie B.

Ce midi-là, quand j'ai allumé la radio avant de préparer un oeuf à la coque destiné à accompagner une soupe brocoli/stilton (c'est mal, je l'achète toute prête mais elle est délicieuse et conditionnée dans une boîte en carton si jolie que même quand il y a de belles têtes de brocolis qui me font de l'oeil, je craque pour la petite brique britannique -il s'agit de soupes bio d'Outre Manche- mais, après avoir fait un délicieux velouté au potimarron en ajoutant une croûte de parmesan dans le bouillon sur le judicieux conseil de Gracianne, j'ai pris de bonnes résolutions et je saurai désormais résister aux appels des jolies boîtes en carton. Malheureusement, la rechute, même si elle concerne un autre domaine, fut rapide: je viens d'acheter des banofees , alors que c'est si simple de les faire soi-même. Du coup, je culpabilise à mort, d'autant plus que ces petites choses ne sont pas un modèle de légèreté, ce qui fait que je n'ose pas les manger. Vous comprenez pourquoi je suis une canditate à la pitanalyse), ils étaient en train de dire que le dernier film de Wong Kar Waï était un sombre navet, un auto plagiat émétisant, une accumulation de fautes de goût et ils ont fini par conclure que ceux qui apprécient Friends apprécieraient My Blueberry nights, pâle bluette sans consistance sur fond de chansons pop acidulées. Aucune des personnes s'exprimant ainsi n'avait jamais fait de films mais bon.
Il se trouve que je garde un très bon souvenir de Friends, je crois même que j'étais capable d'enchaîner une demi douzaine d'épisodes avec un plaisir intact. Je me souviens de l'affront fait à Rachel en faisant remarquer le diamètre de ses mollets, je me souviens de son triffle aux petits pois et au boeuf haché, je me souviens des lasagnes de Monica, je me souviens du smelly cat, je me souviens du pictionnary et de "Bye bye birdy", je me souviens qu'il faut éviter d'offrir à Noël des serre-livres en forme de A et de Z, je me souviens des ongles de Janice, des dents trop blanches de Ross, du sourcil épilé de Joey... C'était chouette.
Alors hier soir, après avoir mangé les meilleurs croque-monsieur du monde préparés par G, on est allé à la séance de vingt heures voir My blueberry nights. La fille qui nous précédait dans la file d'attente avait une tresse, des lunettes et un manteau rouge. La salle était comble et nos voisins s'étaient visiblement arrêtés dans un kébab avant de venir, vue l'odeur environnante. Il y avait une bande d'annonce pour le dernier film d'Emmanuel Mouret, qui se prend un peu trop pour Rohmer je trouve.
Et puis My blueberry nights a commencé.
Je crois qu'il n'y a pas besoin d'apprécier Friends pour aimer ce film (et d'ailleurs G. est très hermétique à Friends mais il n'est pas resté de marbre devant le Wong Kar Waï, et pas seulement grâce à l'actrice qui joue la petite amie russe de Jude Law, ahem), il faut juste aimer les histoires de gens, aimer se perdre dans le labyrinthe d'existences sans cesse en mouvement de filles et de garçons qui croient en ce qu'ils n'ont plus et qui se heurtent à leur propre lucidité, ce qui peut parfois devenir salutaire pour peu que l'on soit patient, confiant et courageux. Alors oui, il y a quelques scènes très maniérées, le thème principal de In the mood for love est recyclé, les couleurs sont parfois un peu trop colorées mais bon, cela n'est rien en comparaison du plaisir que l'on a à suivre les aventures de Elizabeth, jeune fille insomniaque qui ne sait pas encore comme le goût de la tarte aux myrtilles servie par Jeremy (Jude Law, que je trouve bien plus interessant que sa petite amie russe, et qui fume ses clopes avec presque autant de classe que Tony Leung) a quelque chose de décisif. Ce film rend heureux.
Peut-être que dans son café new yorkais Jude Law aurait pu servir le flan au fromage frais de Sophie Brissaud, un dessert très simple où la cuillère s'enfonce avec la même volupté que celle des baiser volés de Jude dans My blueberry nights. La recette est issue du dernier livre de Sophie B., qui s'avère être une valeur de plus en plus sûre!

Le flan au fromage frais de Sophie Brissaud
Pour 4-6 personnes (j'ai divisé par deux et cela donne le ramequin de la photo, ce qui constitue un dessert pour deux après un repas léger. Sophie B. utilise pour sa part un moule à cake de 22/24cm de longueur)

-60g de sucre
-20cL de lait concentré sucré
-20cL de lait entier
-2 gros oeufs
-6 carrés de Kiri
-1 cuillère à café d'extrait naturel de vanille

Mélanger les deux laits, ajouter le fromage prélablement écrasé et bien amalgamer le tout.
Ajouter les oeufs puis l'extrait de vanille. Le mélange doit être bien homogène. Réserver.
Dans une petite casserole à fond épais, préparer un caramel avec le sucre et un peu d'eau (environ deux cuillères à soupe). Quand il est brun, le verser dans le moule en veillant à bien en napper les parois et le fond.
Verser la crème dans le moule et faire cuire au four au bain-marie pendant 10 minutes dans un four préchauffé à 200° puis environ une heure à 160° (les bords sont à peine dorés).
Laisser refroidir à température ambiante avant d'entreposer au réfrigérateur pour quatre bonnes heures.
A déguster, sur les conseils avisés de Sophie B., avec un thé rouge chinois à la rose.

19 Comments:

Anonymous Anonyme said...

mmm, très appétissant!!

01 décembre, 2007 09:01  
Blogger Marmitedecathy said...

Tout à fai d'accod avec toi sur Friends, on a les mêmes souvenirs, te souviens-tu aussi de la recette de cookies que Monica cherche à tout prix ?
j'aime beaucoup ton titre
Plein de bisous

01 décembre, 2007 09:50  
Anonymous bergeou said...

J'avais déjà envie d'aller voir ce film, cette fois-ci c'est sûr j'y vais lundi.

01 décembre, 2007 11:08  
Anonymous verveinecitron said...

A défaut de pouvoir tester la volupté des baisers de Jude Law, je me prendrais bien un p'tit flan, moi...

01 décembre, 2007 16:17  
Blogger cocotte said...

j'aime pas Friends, j'avais déjà envie de voir ce film, ton flan me dit bien. Merci pour ce billet!!

01 décembre, 2007 16:42  
Anonymous Lisanka said...

My dear Patoumi, trois choses:
- l'odeur du kebab environnante, c'est hallucinant comme les gens qui en mangent puent du bec ;-)
Heureuse de voir que je ne suis pas la seule à le penser.
- l'évocation de la petite amie russe me donne envie de voir le film
- je rêve de flan au fromage frais et de tarte à la myrtille depuis des lustres. Et pi une dernière chose, tes banoffee, n'hésite pas à les déguster. "Le meilleur moyen de résister à la tentation c'est encore d'y succomber" disait le grand Wilde!

Lisanka
http://cuisinezenwg.canalblog.com/

01 décembre, 2007 19:38  
Anonymous eva d'envie d'avril said...

Du flan au kiri ... cela me paraît si bizarre que j'ai déjà envie d'essayer !
Tu as l'air de les avoir parfaitement réussis.

Je ne sais pas pourquoi, je n'avais pas très envie de voir ce film, probablement trop de promo, d'articles, etc ... Mais tu vas me faire changer d'avis.
On ne fait jamais trop de choses qui nous rendent juste "heureux".

01 décembre, 2007 23:09  
Anonymous rose said...

Je n'ai jamais regardé Friends, mais je suis très tentée par My blueberry nights, je trouve que le titre est romantique et appétissant.

02 décembre, 2007 11:23  
Blogger gourmeline said...

je suis une fan invétérée de friends, j'ai grandi avec, je connais certaines répliques par coeur, c'est ma madelaine ! en ce qui concerne my blueberry nights que j'ai vu hier, y'a du bon et du moins bon. De très bons acteurs, l'atmosphère de won kar wai (heureusement qu'il a recyclé cela : les couleurs, l'atmosphère, les gens qui se croisent...) mais j'ai trouvé que my blueberry nights n'avait pas l'intensité d'in the mood for love... alors je suis un peu déçue !

02 décembre, 2007 12:18  
Anonymous Florence said...

C'est peu être bizarre mais je n'ai jamais vu un épisode de friends. En revanche j'ai vraiment envie de voir "My blueberry nights". Moi aussi j'ai craqué sur les bannofees Gü, après la lecture d'une chronique dans "Table à découvert", et sans états d'âmes, je les ai mangés! Délicieux.

02 décembre, 2007 16:05  
Blogger misspopote said...

Je me suis toujours dit que plutôt que de jeter des tomates (je ne sais d'ailleurs pas d'où vient cette mystérieuse coutume), on devrait jeter des myrtilles. Parce que ça fait les pires taches et que c'est plus facile à lancer.
Dans ce cas-là, le film porterait apparemment bien son nom... Merci de nous avoir prévenu!

02 décembre, 2007 19:29  
Blogger Gracianne said...

Il ne faut pas ecouter les critiques de cinema, jamais. Il faut lire patoumi, et mager des tartelettes aux myrtilles.

03 décembre, 2007 10:49  
Blogger Flo said...

Je me ferais bien ce film finalement, surtout que je viens de retrouver deux place de ciné qui se perdaient dans mon porte-feuille (j'arrive pas à y croire, moi, ne pas utiliser de places de ciné tout de suite ?), le flan me plaît horriblement et me dit que j'aurais du acheter ce livre depuis bien longtemps ;-)

Pour friends, tout pareil :-)

Bizzz

03 décembre, 2007 11:10  
Blogger Stephanie (Philadelphie) said...

Moi, j'ai vu tous les "Friends" - avec beaucoup de retard - mais j'ai adore cette serie (surtout pour la belle histoire de Ross et Rachel, bien sur !).
Sinon, faut quand meme pas avoir honte d'acheter une jolie brique de soupe, surtout si elle est "bio" !
Quant a "In the mood for love", je viens ENFIN de le voir et, j'avoue, j'ai ete decue ; je suis restee sur ma faim. J'aime bien l'esthetisme du film, evidemment ; la musique "principale", bien que tres belle, revient un peu trop a mon gout. Mais, surtout, je n'ai rien "senti" de leur histoire platonique : pas vraiment de "regards" ; je m'attendais a beaucoup plus de "sous-entendus", de choses vraiment tres FORTES, meme si elles ne sont pas charnelles, tu vois ??
Quand ca s'est fini, j'ai dit : "Ah bah c'est tout ???" Tres decue... Je n'ai pas senti de PASSION entre eux. On comprend qu'ils sont attires l'un par l'autre, d'accord, mais c'est sans plus, je trouve.
Eh bah tant pis !
PS : Par contre, les robes de Maggie, SUPERBES !!!

03 décembre, 2007 21:47  
Blogger Alhya said...

s'il a la douceur d'un baiser de jude...
c'est drôle, après t'avoir lu, je suis toujours rassasiée... je retourne au travail, l'oeil serein

04 décembre, 2007 09:39  
Anonymous Grand Chef said...

J'ai eu le malheur de tomber sur une interview télé de ce bellâtre de Jude Law, franchement, ses réponses étaient débiles, il a l'air con comme la lune, il a une tête de bênet et je vois vraiment pas du tout ce que vous lui trouvez, toutes, là...

Bon c'est pas tout ça, mais au fait, qui joue le rôle de la charmante petite amie russe?

;o)

04 décembre, 2007 12:48  
Blogger Flo Bretzel said...

Bien tentée par ta recette, il ne me reste plus qu'à trouver ce qui va remplacer le Kiri introuvable à Munich, du Philadelphia peut être?

04 décembre, 2007 21:46  
Anonymous loukoum°°° said...

Je vais craquer pour ce livre, très très bientôt, tu es la meilleure promo que l'on puisse avoir :)
Moi aussi j'ai vu tout friends... et là je pense, par exemple au cheesecake mangé à même le sol ^^... et puis souvent on me "traite" de monica, je côté maniaque qui alligne canapé, tapis et table basse :)

11 décembre, 2007 13:08  
Blogger Clairechen said...

Ah Friends! J'ai adoré cette série... malheureusement j'ai raté des tas d'épisodes!! Mais j'ai de la chance en Allemagne, tous les épisodes sont rediffusés en ce moment... j'en profite, donc.... et je dégusterai bien ton flan en regardant les "amis"!

12 décembre, 2007 10:43  

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