vendredi 1 juin 2007

Petits plaisirs des jours studieux et pappardelle al ragù d'agnello de Laura Z.

A toute allure. A toute allure, je me lève un peu plus tôt pour descendre au marché et refaire le plein de vitamines. A tout allure, je déjeune juste le temps d'écouter Histoire et histoires du Festival de Cannes par Frédéric Miterrand. J'adore tous ces souvenirs un peu clinquants, les extraits sonores des cérémonies passées, les témoignages de gens que l'on entend peu, comme celui d'Agnès Varda qui raconte que Jacques Demy n'avait même pas prévu la tenue adéquate pour recevoir la Palme qui a récompensé Les parapluies de Cherbourg ou Lars von Trier qui raconte que le seul smoking qu'il ait enfilé était celui que Carl Théodor Dreyer avait laissé à son chef opérateur et qu'il lui allait parfaitement, et puis toutes ces images de films qui défilent dans ma tête le temps de déguster mes penne aux légumes et au parmesan... c'est un vrai plaisir. Moi je me souviendrai toujours du regard d'Olivier Assayas au moment où le prix d'interprétation féminine a été remis à Maggie Cheung pour Clean.
C'est l'un des moments radiophoniques que je préfère dans la journée de travail. Je ne lis plus. Je n'écoute pas de musique. Je suis complètement obsédée par les questions qui pourraient tomber dans une dizaine de jours. En allant à la bibliothèque il y a peu, j'ai croisé dans le métro un jeune garçon avec le visage dévoré par une acné galopante et dans la seconde, je me suis dit "Acné... La physiopathologie... Le traitement..." C'est à devenir fou. Quand même aujourd'hui, outre le festival de Cannes, il y a eu cet article du Newyorker, recommandé par Albertine, lectrice attentive et attentionnée, et qui plaira et fera sourire tous les gourmands qui aiment la littérature.
Dans ce climat studieux, j'ai levé toute censure quant aux nourritures anti bikini et je dévore sans vergogne des digestives nappés de chocolat, des tartines beurrées et confiturées, des bols de muesli au chocolat en lisant le courrier. Et j'ai une folle envie de crêpe au nutella. Et de pain grillé avec du beurre et du miel.
Lundi dernier, lors de cette étrange journée semi feriée, l'heure du déjeuner était déjà bien avancée quand nous nous sommes aperçus que le contenu du réfrigérateur n'était pas particulièrement affriolant. Au dehors, la pluie était sans pitié mais nous l'avons bravé, non sans un certain plaisir, serrés sous notre petit parapluie. Nous ne sommes pas allés très loin, il y a un petit et très bon restaurant italien à deux pas de la maison. L'atmosphère y est douce et joyeuse, la musique juste assez légère pour se sentir en vacances le temps d'un repas. C'est agréable comme tout de déguster un bol bien chaud de gnocchis à la fondue d'aubergine et de tomates avec une crème au parmesan en regardant tomber la pluie et en parlant de petits projets qui rompront le quotidien aliénant du travail, comme par exemple la perspective d'aller voir Une vieille maîtresse, qui pourrait signer la réconciliation avec Catherine Breillat. Et puis on peut aussi se taire et écouter les gouttes frapper le bitume sans répit.
En souvenir de la douceur de ce repas italien, la recette délicatement parfumée de la sauce à la souris d'agneau extraite du beau livre de Laura Zavan, Ma little Italy.


Pappardelle al ragù d'agnello
Pour deux personnes
-2 petites souris d'agneau coupées en tout petits morceaux
-1 oignon coupé en tout petits dés
-2 gousses d'ail écrasées
-200g de tomates coupées en dés
-1 poivron jaune coupé en petits morceaux
-2 feuilles de laurier
-7,5cL de vin blanc sec
-environ 15cL de bouillon de légumes
-un peu de beurre
-de l'huile d'olive
-du sel, du poivre, un peu de sucre
-des pappardelle
-du parmesan fraîchement râpé

Faire chauffer l'huile d'olive avec un peu de beurre et y faire revenir l'ail et le laurier sans qu'ils ne brûlent.
Ajouter l'agneau et faire colorer à feu vif. Quand la viande est uniformément dorée, mouiller avec le vin blanc.
Lorsque le liquide est évaporé, ajouter les tomates et le bouillon. Assaisonner, sucrer juste un peu et laisser mijoter à couvert pendant une bonne demie-heure.
Dans une poêle, faire revenir le poivron et l'oignon dans un peu d'huile d'olive et ajouter ce mélange à la préparation précédente une dizaine de minutes avant le fin de la cuisson.
Faire cuire les pâtes et les mélanger à la sauce dans la casserole, server immédiatement dans des assiettes bien chaudes avec le parmesan à volonté.

16 Comments:

Blogger Rosa's Yummy Yums said...

Une très belle recette! Appétissante..

e tinvite à faire un petit tour ici, STP:
http://rosas-yummy-yums.blogspot.com/2006/05/brunch-du-dimanche-meme.html

J'aimerais que tu participes à un "meme (jeu)" que j'ai créé (si ça te dit...)!

Bonne journée et bises,

Rosa

01 juin, 2007 15:17  
Anonymous Lisanka said...

Czesc, dès que j'ai vu ton titre style studieux, je me suis dit que ça ne pouvait être que toi. Bon je suis végétarienne donc si tu veux, la sauce risque de moyenement le faire mais sinon je m'invite allègrement chez toi pour ce qui est des pâtes.
Pour tes envies de sucré, je suis certaine que c'est à cause du stress des exams, je suis absolument dans le même cas. Pour la déformation professionnelle qui consiste à voir "le cas" partout, même chose pour moi. Genre je dissèques mes contrats clause par clause ou j'envisage d'engager un recours devant la Cour européenne des droits de l'Homme parce qu'on m'a écrasé le pied dans le métro. La loose quoi ;-)

Courage pour tes échéances universitaires,

Lisanka

01 juin, 2007 18:48  
Blogger Marmitedecathy said...

elle me tente énormément cette recette de ragù, si seulement ils acceptaient de manger de l'agneau chez moi, j'adore la souris d'agneau

bon courage pour tes exams, je penserai bien à toi
PS se réconcilier avec Catherine Breillat, tu y vas fort ;-)

01 juin, 2007 20:07  
Blogger mingoumango said...

J'aime tes récits du quotidien, mais force est de constater que je n'ai pas la même autodiscipline que toi...
Tu n'écoutes pas du tout de musique actuellement ? Rien de rien ?
Quant au plat, il me plaît, forcément...

01 juin, 2007 23:20  
Blogger mingoumango said...

J'aime tes récits du quotidien, mais force est de constater que je n'ai pas la même autodiscipline que toi...
Tu n'écoutes pas du tout de musique actuellement ? Rien de rien ?
Quant au plat, il me plaît, forcément...

01 juin, 2007 23:21  
Anonymous mayacook said...

Voilà de quoi te donner des forces...bon courage!!

02 juin, 2007 08:39  
Anonymous rennette said...

Juste en apparté Patoumi !!
les éditions de l'Epure offrent pour la fête des mères le port gratuit pour leurs livres !! une façon de réunir les numéros manquants qu'on ne trouve pas forécement à Rennes !!
courage pour les examens mais je ne me fais aucun souci pour vous !!
rennette

02 juin, 2007 13:52  
Anonymous eva said...

On ne peut pas mener le combat sur tous les fronts ... Et les toasts chauds avec du miel ou du sirop d'érable, crois-moi, ce sont des envies également hors périodes d'examen !

Courage !

Une bien jolie photo Mam'selle Patoumi ...

PS: Même pas Les piqûres d'araignées ?

02 juin, 2007 21:48  
Blogger Liputu said...

On devrait toujours avoir des parpadelles chez soi, dicton de pasta addict oblige ! Bon dimanche ! :-)

03 juin, 2007 11:05  
Blogger cocotte said...

mmmmmm j'adore les petites souris!!

03 juin, 2007 11:06  
Blogger confituremaison said...

Mmmm. Que j'aime cette cuisine extremement reconfortante. Mon climat n'est pas tres studieux, mais je suis comme toi, je n'ai envie que de choses bien consistantes. Ca fait du bien! Toi, tu en as besoin!

04 juin, 2007 05:52  
Anonymous Grand Chef said...

Tiens moi je me suis décidé à repasser un concours aussi l'année prochaine, pour travailler moins et gagner plus, je suis vraiment pas sortable.

Catherine Breillat, j'ai même pas envie d'essayer, par contre Les chansons d'amour c'était pas mal du tout (à part le fait que ma femme est tombée amoureuse de Louis Garrel, mais bon), toi qui semble apprécier Jacques Demy, peut-être ça te plaira, d'ailleurs le rôle de Louis Garrel devait être interprété par Vincent Delerm, comme quoi tout se recoupe.

Dis donc ça fait plusieurs fois que tu parles de ce livre de Laura Z., faudrait que je me décide, les recettes que tu en sors sont toujours sublimes.

04 juin, 2007 11:36  
Anonymous aurélie said...

Et tout à coup, on est transporté avec toi sous ce parapluie puis dans le restaurant italien... je ne sais pas si je t'ai déjà dit que j'adorais te lire ?
Ce livre de Laura Zavan est une merveille (pourquoi d'ailleurs l'ai-je reposé sur le rayonnage du magasin ?!) et tu l'interprètes si bien...

PS : Alors, cette vieille maîtresse, tu l'as vue ? Conquise ?

04 juin, 2007 14:59  
Blogger Gracianne said...

Bon courage Patoumi, on pense a toi. Et continues de te regaler de telles nourritures terrestres, meme si tu n'as pas le temps de nous en parler, c'est pas grave, tu nous raconteras plus tard.
Cette recette la je vais te l'emprunter sans tarder.

04 juin, 2007 16:39  
Anonymous paola said...

Bon courage à toi Patoumi, ne t'inquiète pas pour nous... Ta recette de papardelle est super bonne.

06 juin, 2007 18:24  
Blogger Alhya said...

les périodes de travail intense ont toujours été les moments où je sacrifiais le plus sûrement à ma gourmandise.. mais il paraît que réfléchir c'est comme faire un cross.. enfin, c'est ce que je me répète pour pas culpabiliser la bouche encore pleine! mais en voyant tes papardelles, alors là, je fonds littéralement, tu as le culot en plus, d'y mettre des souris d'agneau, ce que je préfère dans cette catégorie: conquise!

06 juin, 2007 21:29  

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