mardi 28 septembre 2010

L'histoire à l'envers et l'été envolé

Mes parents sont arrivés en France en plein hiver et ont été ironiquement installés dans un village vacances de bord de mer. Je n'aime pas trop y retourner, l'herbe est drue avant les dunes et les balançoires en pneu de voiture grincent en choeur. Peu d'images de ces quelques mois si ce n'est à travers le prisme de leurs souvenirs. Les premières neiges, sensation inconnue, et les fruits de mer servis avec des rince-doigts, éminemment exotiques. Je me demande à quoi rêvaient mes parents sans argent et sans un mot de français.
Le premier "vrai" logement était à l'étage d'une grande maison aux volets bleus. Le loyer ne valait pas grand chose, le prix d'une seule chambre où l'on se serrait à trois sur le canapé en velours vert bouteille. Là, je me souviens des samedis soirs, parce qu'il y avait Jean Rochefort dans Disney Channel que j'adorais regarder assise par terre avec un bol de soupe de riz. J'étais (et je suis encore) une fan absolue de Jean Rochefort!
Je me souviens aussi de la propriétaire qui habitait au rez-de-chaussée, un genre de grand-mère acariâtre qui venait chercher le loyer toujours trop tôt et qui avait deux monstrueux colleys qui aboyaient prodigieusement fort. Je me souviens que mes parents ont commencé à travailler, des trucs incroyables, comme coller des bandes rouges et bleues sur des maquettes d'avion débarquant par centaines dans des cartons ou trier des milliers de bouchons de flacons de parfum en écartant ceux qui avaient un défaut. Ma mère me faisait promettre de faire un métier un peu plus chic, docteur ce serait bien, surtout que je voulais toujours plus de livres et qu'elle était persuadée que les docteurs avaient des livres du sol au plafond.
Un jour il fallut faire à nouveau les cartons, qui étaient finalement peu nombreux, et nous avons emménagé dans un nouvel appartement dont ils me disaient de taire l'adresse quand c'était possible parce qu'ils avaient honte d'habiter une sordide cité HLM. J'avais une chambre rose, ils m'ont acheté du mobilier blanc, j'adorais mon secrétaire et ses tiroirs désuets. Il y avait une cuisine bleue, un bleu un peu sale, un peu triste, un bleu qui fait que maintenant ma mère déteste cette couleur. J'ai eu mon premier sapin de Noël dans ce salon, ma mère a commencé à travailler, elle partait le soir, revenait le matin et me faisait réciter poésies et tables de multiplication sur le chemin de l'école qu'elle parcourait avec moi, main dans la main et les yeux mi-clos d'épuisement. Mais ils furent heureux de m'acheter une bibliothèque pour mon anniversaire et une marchande (avec une balance, une caisse enregistreuse, des fruits et légumes en plastique et même un poulet rôti!) à Noël.
Mon père a commencé à travailler aussi, il a pu remplacer la deux-chevaux couleur crème par une R5 métallisée, mais il était très malheureux au travail, il avait dû renoncer à ses aspirations scientifiques, il n'a jamais pu reprendre ses études interrompues au Cambodge et il ravalait chaque matin sa fierté avec son café qu'il buvait noir.
Tout cela ne fut pas sans récompense. Un jour ils commencèrent à visiter des petites maisons, pas trop loin du collège où j'allais rentrer en sixième, et au début de l'été, nous avons pu quitter la cuisine bleue, la cage d'escalier vraiment glauque et le balcon en béton pour nous installer dans une maison blanche avec un jardin, une terrasse, un cognassier devant la fenêtre de la cuisine et des rosiers devant l'entrée. Mes parents étaient enchantés par des détails assez touchants finalement, comme les plafonds tapissés des chambres, la baignoire et le carrelage de la salle de bain. Ils étaient vraiment contents, ils invitaient des amis, ce dont ils s'étaient privés pendant des années, et ma mère faisait des montagnes de nems, des gaufres et des brochettes de boeuf à la citronnelle sur le barbecue de la terrasse.
J'ai commencé à tenir un journal dans cette maison-là, dans un cahier violet au début. J'y racontais que les garçons étaient décidément très compliqués, que les appareils dentaires étaient une invention sataniques et que décidément, ce n'était pas juste, A. était infiniment plus jolie que moi, même si c'était une beauté un peu vide. Les préoccupations étaient enfin futiles.
Quand je retourne chez mes parents, même si je suis un peu triste quand je repense à mes hésitations adolescentes et mon ennui silencieux et interminable, même si je ne suis pas toujours d'accord avec les partis pris de leur décoration, je suis infiniment rassurée de les voir installés-là, eux qui débarquant en France au milieu de l'hiver dans les années 80, n'auraient jamais imaginé un jour en posséder un petit espace, un morceau de terre.
Les dernières heures passées dans l'ancien appartement sur les quais rennais furent un peu difficiles. Suite à notre manque chronique d'organisation, il restait encore une trentaine de cartons à transporter nous-mêmes après le passage des déménageurs, et puis il fallait tout nettoyer. A trois heures du matin, après un kebab assis en tailleur sur le parquet désert, il s'avéra nécessaire d'aller à la déchetterie, ahem. J'avais oublié que dans les placards de mon ancien bureau, les placards en hauteur, ceux que je n'ouvre jamais, il y avait tous les livres, toutes les notes, les annales, les dossiers, les schémas, fébrilement entassés pour l'internat. Une montagne de cinquante kilos de papier. J'ai gardé des petites bricoles, pour la revente et pour le souvenir (notamment le répertoire très épais où j'avais compilé tout ce qu'il ne fallait absolument pas oublier) mais le reste a fini dans des grandes poubelles, entre un restaurant et un réparateur de vélos. Ca m'a filé des frissons de jeter tout ça, ces heures de travail, ces sales souvenirs.
J'ai hâte de vider les cartons entre lesquels on zig-zague périlleusement, de peindre les tréteaux de mon bureaux, d'en recouvrir de papier le plateau, de retapisser le tabouret de piano, de choisir les magnets pour le frigo! Et puis je vous montrerai... Le chemin fut long!
****
Bonus! Parce qu'il y a des filles qui emmènent leur amoureux à Biarritz en automne, mes endroits préférés (dans l'une de mes villes préférées).
Adresses et liens à la fin du billet.

A l'Hôtel Beaulieu, parfaitement situé entre la plage des Basques et le centre ville, il faut penser à demander une chambre avec vue ET balcon, parce qu'elles sont plus grandes et que c'est toujours chouette de s'asseoir un peu pour regarder les vagues sur le rocher de la Vierge et les enfants du club de surf qui s'entraînent sur la toute petite plage pile en face de l'hôtel. Je ne me baigne jamais là parce qu'il y a trop de monde, de familles, mais j'adore la grosse horloge juste au-dessus des colonnes en pierre.
Si nous avons souvent discuté avec le veilleur de nuit, qui est un ancien accordeur de piano, nous n'avons jamais pris de petit-déjeuner à l'hôtel. Si la journée s'annonce calme et voluptueuse, il n'y a pas d'hésitation possible, il faut aller chez Miremont, commander un chocolat chaud, des toasts (au pain de mie maison) qui arrivent grillés et beurrés, et de la confiture. J'aime bien faire ça avant une balade jusqu'au phare par exemple. Une fois arrivés là-bas, on prend des photos des hortensias, on observe les pêcheurs au pied des falaises et je suis capables de rester des heures à regarder le panorama. Si le programme est chargé (genre Tiens si on allait à Bayonne? ou Tu veux aller à Guéthary? -en fait je n'aime pas trop Guéthary. Ni Saint Jean de Luz), on boit un café ou un thé en bas de l'hôtel et on s'achète des viennoiseries sur le chemin toujours à Miremont.En général, quand on rentre du phare, on aime bien s'arrêter au Bookstore, pour s'acheter un livre qu'on lira l'après-midi sur la plage. Ils ont aussi une très chouette sélection enfants et les libraires sont assez avenants.
Il arrive qu'on aille aussi au cinéma, parce qu'il est d'Art et d'essais et qu'il y a toujours un bon film au programme. En attendant la séance, on peut grignoter des macarons Adam sur la place (mais je ne suis pas fan de leurs pâtisseries) ou traîner au Festin Nu, librairie subversive dans une petite rue en face du ciné, où ils ont eu la bonne idée d'installer un canapé. En discutant avec le garçon qui y travaillait cet après-midi là, on a décidé d'aller se rafraîchir chez Lulu la Nantaise, un salon de thé-antiquités du XXème siècle, où les smoothies sont délicieux, piquants de gingembre quand on commande un orange-pomme-carotte. Juste à côté un joli magasin de maquettes en bois avec une lampe-poisson impressionnante.
En fin d'après-midi, quand la pellicule pour le Diana F+ est terminée, vous pouvez toujours vous approvisonner à In the middle, qui propose plein de modèles de Lomo et qui vend aussi des jolis vêtements de créateurs pointus au milieu des must-have du moment (toute une pile de Bensimon Liberty cet été). Le couple qui tient le magasin est super gentil. D'autres adorables habits vous attendent à Lily of the valley, jolie boutique à la façade azurée. On y trouve des sacs Polder, des vestes Isabel Marant, des jolies chemises et des chouettes jupes. Au sous-sol, des vêtements vintage au milieu de vieux magazines de mode et de radios d'époque. Là aussi, les vendeuses sont super gentilles.
Sur le chemin des Halles, si vous allez faire le marché, trois escales possibles. La première à Le rond dans l'eau pour les plateaux en bois, les lampes Jieldé vert d'eau, la vaisselle scandinave, les fauteuils designés, les sets de table Robert le héros et tout un tas de jolis objets. La deuxième chez Arostéguy d'où j'ai faillit repartir avec une énorme conserve de ventrèche de thon dont la boîte était de plus bel effet mais il y a aussi des foie gras, des pâtés au piment d'Espelette, du boudin basque, des confitures, des sablés locaux, des jus de fruits dans des belles bouteilles... Et du thé Mariage Frères si vous avez oublié vos sachets à la maison! La troisième escale n'a rien à voir, c'est à Denim Gallery, pour les jeans différents et les tee shirts sérigraphiés chics et malicieux.
Les Halles sont évidemment incontournables et j'ai toujours rêvé d'avoir une cuisine à Biarritz pour préparer les beaux poissons et les légumes archi frais. Pour se consoler, on s'y ravitaille en fromages basques et en charcuterie pour un pique-nique délicieux. Juste à côté des Halles, une institution en début de soirée, le Comptoir du foie gras, qui ne fait pas que du foie gras, loin de là, mais des supers tapas au tarama d'oursin ou au fromage et à la confiture de cerises noires ou au juste au Pata Negra, enfin il y en a une vingtaine, qu'il est très agréable de grignoter autour de grands tonneaux qui font office de tables pour recevoir la sangria, le cidre de basque, l'orange pressée ou la coupe de champagne. Plein d'habitués, jolis cardigans, robes fleuries et lunettes arty qui s'embrassent et échangent leurs bons plans. Juste à côté, un antiquaire avec des livres de cuisine d'un autre temps et le Bar des Halles, quand le Comptoir du foie gras n'a plus de places disponibles. Le choix des tapas est large, et ils sont aussi délicieux mais l'ambiance est plus familiale.
Dans la rue Gambetta, à côté, il y a une très belle rôtisserie et sous le porche, si l'on s'avance un peu, un salon de thé que je n'ai jamais pu essayer mais la déco fait envie et ils font du cheesecake et du clafoutis.
Pour manger, pour changer un peu, pour profiter aussi de l'occasion pour traverser la ville quand on n'est plus en son centre et apprécier l'architecture des villas biarrotes, il y a toujours un soir pendant les vacances où l'on va dîner au Taj Mahal qui, comme son nom ne l'indique pas, est un restaurant tenu par des Sri Lankais. S'y retrouvent les amoureux qui aiment voyager, les grands ados avant d'aller danser, les gens du quartier qui savent que les naans au fromage et le poulet Taj Mahal sont trop bons. En rentrant, on peut aller prendre un dessert sur la plage, par exemple une glace pamplemousse-coco chez Dodin puis s'installer sur le sable un peu à l'écart et apprécier la beauté de la nuit sur l'océan. On peut ne pas rentrer tout de suite et contourner l'hôtel pour voir les lumières de l'Espagne et les montagnes un peu floues sur la côte des Basques, je ne compte plus le nombre de promenades nocturnes le long de cette plage à parler sans fin.
Il arrive que l'on revienne d'Anglet quand on passe l'après-midi à la plage (d'ailleurs le camion à glaces d'Anglet est très recommandable, avec une glace au yaourt toute simple mais si bonne, un peu acidulée) et dans ce cas, au retour, on se dépêche de poser les sacs à l'hôtel et on descend très vite dans la petite crique du Santa Maria, un bar restaurant juste intéressant pour sa vue splendide et ses tables dans les rochers. C'est toujours chouette d'y boire un mojito le soir.
Je ne sais pas si la terrasse est toujours là en automne mais en août, il est très agréable de dîner sur le port, à la casa de Juan Pedro. On fait la queue en grignotant des tapas et puis on dîne au bord de l'eau de choses simples, calamars et gambas grillés, chipirons à l'encre ou lotte à l'espagnole. Un peu plus tard dans la soirée, si vous avez un petit creux, vous pouvez prendre une crêpe au chocolat à La petite crêperie et la manger en pensant à la délicieuse journée qui vient de s'écouler.
Je suis sûre que j'oublie des endroits que j'aime bien mais je sais que si on se laisse guider par ses désirs, les gens croisés, les conseils des autochtones, on arrive forcément dans les lieux les plus chouettes. J'adore Biarritz, c'est à la fois moderne et désuet, il y a le spectacle des énormes vagues qu'on ne voit pas toujours en Bretagne et les nuits y sont magnifiques.


Hotel Beaulieu 3 esplanade du Port-Vieux 05 59 24 23 59
Miremont 1 bis place Clémenceau
Maison Adam 27 place Clémenceau
Bookstore 27 place Clémenceau
Le festin nu 2 rue Jean Bart
Lulu la nantaise 8 avenue Jaulerry
In the middle 11 rue Alcide Augey
Lily of the valley 2 rue Simon Etcheverry
Le rond dans l'eau 6 rue Victor Hugo
Arostéguy 5 avenue Victor Hugo
Denim gallery 6 rue Victor Hugo
Le comptoir du foie gras 1 rue centre
Le bar du marché 8 rue des Halles
Santa Maria au Port Vieux
Casa Juan Pedro sur le quai du Petit Port
Dodin Quai de la grande Plage
Le Taj Mahal 10 avenue de la gare
La petite crêperie rue de Mazagran

49 Comments:

Anonymous Magda said...

Une histoire de famille touchante et bien joliment racontée.
L'histoire d'une famille aussi, qui, il y a 20 ans, a eu le droit d'émigrer, le droit à l'asile, une histoire en somme qui ne pourrait plus se passer aujourd'hui.
Drôle de France.
Je vais venir plus souvent par ici moi!

28 septembre, 2010 15:53  
Anonymous Hélène said...

Je suis tout émue, merci.. on est allé à Biarritz jeudi dernier, ça me rend un peu triste parce que j'imaginais ça exactement comme tu viens de l'écrire, sauf qu'on est tombé en pleine tempête, et en plein rassemblement UMP.. j'ai aussi attrapé une superbe pharyngite alors ça nous a un peu gaché la fin du séjour.. :/ nous avons quand même apprécié l'hôtel, le gardien trop gentil et les patisseries de Miremont qu'on a pris à emporter en rentrant parce que j'étais vraiment pas bien du tout mais elles étaient délicieuses!!
Nous y retournerons avec plaisir mais sans doute plus tôt en saison ou au printemps!!
On a adoré aussi s'installer sur un banc en pierre pas loin du rocher, il faut grimper un peu mais on aurait pu rester là toute la journée!
Merci beaucoup pour ce joli billet, et à bientôt
LN.

28 septembre, 2010 15:58  
Blogger Vanessa said...

Un billet si émouvant - ces couleurs, la première bibli et les neiges d'antan - tu les décris si bien. Tes parents sont très courageux et je suis bien contente qu'ils aient enfin trouvé un endroit où ils se sentent bien pour habiter. Je connais ça, la galère de devoir tout nettoyer et les courbatures du lendemain et puis les tiroirs qu'on oublie et qu'il faut vider. Tu me donnes si envie de découvrir Biarritz. Je me passionne aussi pour la lomographie et À Berlin il y a un magasin très chouettes avec pleins d'appareils différents. J'espère qu'on aura bientôt quelques photos du nouvel appart ^^.

28 septembre, 2010 16:03  
Blogger Ananim said...

le plaisir de vous lire est toujours aussi grand. merci.

28 septembre, 2010 16:38  
Blogger ulije said...

C'est si jolie... je ne connais pas Biarritz mais un jour où j'y amènerai mon amoureux je n'oublierai pas tes adresses!

28 septembre, 2010 17:06  
Blogger agnès said...

Ton texte est très beau, construit, merci, c'est un beau travail que tu nous donnes à lire... J'aime beaucoup ton écriture qui cherche la profondeur et la sincerité. Tu devrais penser à un livre, vraiment. Bon déménagement!

28 septembre, 2010 17:15  
Anonymous loukoum°°° said...

Je suis d'accord avec Agnès!

28 septembre, 2010 20:13  
Anonymous Hélène said...

moi aussi.

28 septembre, 2010 21:33  
Blogger christinecho said...

quelle générosité.

28 septembre, 2010 23:20  
Anonymous Marie said...

Je suis venue ici grâce Delerm (j'adore sa chanson sur la France qui se lève tard et les films de Tati). Ce billet est magnifique.

29 septembre, 2010 07:03  
Anonymous arrosoir said...

est ce que tes parents lisent tes textes ? ils seraient sans doute émus de voir le joli récit que tu as fait de ce bout de votre vie...moi je le suis.
Biarritz ne m'avait jamais attirée jusqu'à maintenant !
merci encore

29 septembre, 2010 08:16  
Blogger (les chéchés) said...

oh oui, un livre! tes mots me bouleversent... merci.
(ai adoré biarritz, les grosses vagues et le petit déjeuner devant l'océan, les jolies rues, les chipirons et la nuit tombée... re-merci pour les souvenirs...)

29 septembre, 2010 09:14  
Anonymous Pantalons said...

Merci de nous faire voyager dans ton univers, ca me sort de ma ville bien grisâtre...

29 septembre, 2010 09:32  
Blogger patoumi said...

Merci à tous pour ces retours encourageants! C'est pas toujours facile d'écrire...
Magda: ce qui se passe en France depuis plusieurs mois me déprime aussi.
Hélène: oh non le coup du rassemblement UMP :-( Et la pharyngite, bouh. Je suis désolée d'avoir écrit ce billet si tard, je croyais que le week end était prévu en octobre, n'importe quoi. Il faut revenir au printemps, c'est charmant. En été, il y a plein de monde mais moi qui déteste ça d'habitude, je trouve que là-bas, c'est tout à fait supportable.
Vanessa: si tu savais le capharnaüm ici! Les photos vont se faire attendre je sens...
Ananim: merci!
Ulije: c'est une super ville pour les amoureux, parce qu'il y a plein d'endroits où se réfugier loin de la foule.
Agnès, Loukoum°°°, Hélène: ça me fait chaud au coeur de lire ça mais je ne me sens pas du tout la trempe d'un écrivain! Si je pouvais écrire des articles de presse déjà, ce serait bien chouette. Ou une interview de Delerm par exemple ^^.
Marie: oui, j'adore quand il dit "Nous marcherons la nuit/Filles du calvaire/Traversant Paris juste pour la revoir/Nous aimerons Jacques Tati, Eric Rohmer/Et nous ferons parti d'une France qui se lève tard".
Arrosoir: non non non, ils ne savent pas que j'ai un blog, je serais très gênée sinon!
les chéchés: j'aime bien quand les gens que j'aime bien aiment bien Biarritz!
Pantalons: oh, l'idée d'une ville grisâtre me rend un peu triste... Haut les coeurs!

29 septembre, 2010 10:53  
Anonymous Le citron said...

Je suis très émue par ton billet, il me rappelle des souvenirs d'une maison aujourd'hui lointaine où ma famille a encore honte de vivre...

Bon courage pou tes cartons !

29 septembre, 2010 14:33  
Anonymous LaureVR said...

Si y en a une qui doit faire une interview de Delerm, c'est bien toi!

Et pour le reste, je vais dans le même sens que tous les commentaires précédents... celui de Magda particulièrement.

L.

29 septembre, 2010 15:52  
Anonymous Florence said...

Est-ce parce que ce nouveau logis s'apparente un peu à la maison de vos parents, foyer enfin douillet, que vous avez eu envie de raconter? en tous cas c'est très beau et très touchant. J'espère que vous deux serez heureux dans ce nouvel appartement. J'ai maintenant une furieuse envie d'aller à Biarritz, bien que ça ne soit pas d'actualité!
Bises.

29 septembre, 2010 16:45  
Anonymous christine said...

Il y a fort longtemps, une petite fille devait passer quelques jours à l'hôpital. Elle était accompagnée de sa maman mais seule la petite parlait le français. Elle traduisait donc à sa mère les propos du médecin à son sujet ainsi que les réponses de sa maman. J'avais été impressionnée par la maturité de cette gamine qui n'avait pas plus de 6 ans...Sa maman était enceinte et elle jouait les traductrices à la maternité également. J'espère que comme vous, elle a pu faire son chemin dans la vie....

29 septembre, 2010 17:15  
Blogger patoumi said...

Le citron: il y a une centaine de cartons! Mais c'est plus plaisant de les ouvrir que de les faire...
Laure VR: alors mon rêve ce serait qu'un magazine me dise "Ah bah on a découvert votre blog, la cuisine ça nous intéresse pas trop mais on aime bien comment vous parlez de Vincent Delerm alors ça tombe bien, on voulait vous proposer... on aimerait faire un grand article sur lui, un truc de quatre-cinq pages comme dans les Inrocks dans les années 90, ça vous dirait de vous y coller?"
...
Ca n'arrivera jamais :-(
Florence: je crois que ça a à voir avec le fait que quand on a balancé les cinquante kilos de papier relatif à l'internat, après G. a passé la main dans les cheveux et il a dit "Tu sais, il ne faut pas culpabiliser, ça n'arrive pas par hasard" (parce que je n'aurais jamais espéré avoir un appartement comme celui-là)
Christine: pendant longtemps, j'ai traduit aussi pour mes parents et en réalité, ça me serrait le coeur de les mettre dans cette situation mais eux, ils étaient super fiers qu'en plus, je n'aie pas d'accent.

29 septembre, 2010 18:12  
Anonymous Maya said...

Mazel tov pour votre nouvel appartement! Je me suis promenée il n'y a pas très longtemps dans les rues rennaises (je ne me souviens que de la rue Ste Mélaine) et j'ai bien pensé à toi. Moi aussi, je suis une fan absolue de Jean Rochefort, il a la même moustache que mon papa, comme Jean Ferrat d'ailleurs. Et je suis restée une inconditionnelle de Claude Rich car j'écoutais, petite, un disque (vinyle) où il racontait aux enfants La Flûte Enchantée, qui est aussi resté mon opéra de référence, et puis, et puis... l'enfance reste bien vivante en nous, n'est-il pas?
C'est troublant comme tes souvenirs trouvent un echo toujours chez moi, comme cette obsession de la famille pour les études, c'est pareil chez les juifs polonais tu sais...

30 septembre, 2010 11:06  
Anonymous Paloma said...

Un très beau billet...
J'adore aussi Biarritz: merci pour ce partage.

30 septembre, 2010 13:16  
Anonymous Pralines et canelés said...

Moi aussi, j'aime beaucoup tes textes et je crois qu'un week-end à Biarritz nous fera(it) le plus grand bien à tous les quatre... alors merci pour l'idée et toutes les adresses. Si j'osais, je te demanderai ton adresse pour t'envoyer une carte postale avec un grand merci...

30 septembre, 2010 16:39  
Blogger agnès said...

Mais, tu es déjà écrivain! Si toi tu n'y crois pas, nous si! :)
Les articles, les interviews sont des exercices tout à fait différent, qui cherchent une certaine efficacité; crois-moi, ton écriture est toute autre...
bon emménagement... moi je fais des cartons, pour un déménagement prévu ... mi-novembre!! (mais je vais passer un mois en France dès lundi.)
Agnès

30 septembre, 2010 18:38  
Blogger Estelle said...

Ca me parle beaucoup ce billet, forcément ! Je suis d'accord pour le livre, je pense d'ailleurs que tu aimerais beaucoup celui d'Orangette (http://orangette.blogspot.com), A Homemade Life.

30 septembre, 2010 19:31  
Anonymous Anonyme said...

Merci Patoumi, pour tes mots, tes conseils biarrottes. Ils vont m'accompagner très bientôt. Tes billets me plongent toujours dans une douce mélancolie, une ouate protectrice. Au plaisir de te lire encore. Delphine

30 septembre, 2010 23:11  
Anonymous LaureVR said...

et si tous tes lecteurs faisaient une pétition? :-) dis-nous à qui on doit l'écrire et je suis certaine que tout le monde ici se fera un plaisir d'écrire une gentille lettre à la rédaction pour demander, supplier, exiger, une interview de Delerm, écrit par toi.

Pour moi, le top serait de lire un article de XXI avec des extraits d'une interview que tu aurais menée.

D'ailleurs je suis certaine qu'un jour, c'est lui qui finira par te la demander! :-)

L.

PS cela dit, moi la cuisine m'intéresse ;-) ... tes belles histoires aussi :-)

30 septembre, 2010 23:40  
Anonymous Laurence said...

Quel joli billet. Tres beau, tres emouvant, et tellement symbolique, aussi... Vos parents doivent etre drolement fiers de vous, et vous pouvez aussi l'etre de vous-meme (mais vous serez trop modeste pour le reconnaitre ou meme pour le penser !). Ce n'est pas l'histoire toute simple d'une famille toute simple, il y a tellement de chemin parcouru, et tellement de merite d'avoir parcouru ce chemin. Une jolie lecon de courage et de perseverance, aussi.

Vous devriez ecrire un livre; je suis d'accord: c'est plus qu'une evidence. :-)

J'ai bien aime suivre l'histoire de vos demenagements. J'ai demenage 13 fois pour l'instant (et ce n'est pas fini). J'aime bien les nouveaux reves, les nouveaux defis, la nouvelle vie qui accompagnent chaque demenagement tout en preservant les biens et souvenirs les plus precieux qui nous appartiennent et nous suivent.

Je vous souhaite beaucoup de bonheur dans votre nouvel appartement.

(Et si vous decidiez de lui envoyer la fameuse interview a V. Delerm, que risquez-vous, si ce n'est une non reponse ?)

Laurence

02 octobre, 2010 01:45  
Anonymous Camille said...

ce billet est peut-être un de mes préférés, mais comme je suis nulle en compliments sensés, je vais m'abstenir (je dirais juste que je suis restée sans voix, et les larmes aux yeux)


(et, dans un registre plus gai, je suis certaine que tu es toute désignée pour interviewer Delerm)

02 octobre, 2010 01:54  
Blogger les lapins requins said...

Bonjour Patoumi,

Ton récit me fait penser à un livre que je viens de lire et qui te plaira peut-être aussi car empli de souvenirs des années d'adolescence dans les années 80.
Il s'agit de "France 80" de Gaëlle Bantegnie, aux éditions Gallimard.

Bravo pour ce blog, fourmillant de belles choses.
Bien à toi,
Florence
www.leslapinsrequins.blogspot.com

02 octobre, 2010 08:43  
Blogger patoumi said...

Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

02 octobre, 2010 10:52  
Blogger patoumi said...

Maya: à l'adolescence, je me suis passionnée pour la religion juive, parce que c'était une façon de s'intéresser à un peuple qui avait été traqué et exterminé, en écho à ce qui était arrivé à mon propre peuple et auquel je n'osais pas m'intéresser parce que j'avais peur de découvrir certaines choses. Bref.
Paloma: est-ce que tu as pensé à d'autres chouettes endroits à Biarritz?
Pralines et canelés: ah mais je serais ravie de recevoir une carte de Biarritz! Tu peux m'envoyer un mail (patoumipatoumi@yahoo.fr) et je te renverrai mon adresse.
Agnès: ah vous vous êtes organisée au moins! Vous savez, quand je lis, par exemple, les billets de Gwendoline sur "Rue linière" ou ceux de Cléo sur Captures, je me sens assez microscopique... J'aimerais bien écrire un article de fond pour la presse, rencontrer Delerm dans un endroit précis et choisi et ne pas rédiger l'interview sous forme de question-réponse mais comme un récit, qui tient compte de l'ambiance aussi. Je sais aussi, par expérience, que le monde de l'édition est un milieu extrêmement cruel, et jamais je ne me considérerai assez "forte" dans tous les sens su terme pour m'y frotter. Mais ce que vous me dites me fait très plaisir!
Estelle: je sais que tu comprends très bien tout ça...
Delphine: j'espère que Biarritz sera à la hauteur! (je crains toujours que mes bonnes adresses ne relèvent que d'un vécu personnel, un concours de circonstances)
Laure: ça c'est super gentil! Je ne sais pas bien dans quel magazine ça pourrait être, n'importe lequel qui me laisserait écrire un truc de quatre pages sur Delerm! (j'ai plein de questions à lui poser quant à l'éventuel rapport de certaines photos d'un livret de disque et l'interview de Neil Hannon dans les Inrocks il y a trèèèèès longtemps mais que je suis sûre qu'il a lue...)
Laurence: merci pour vos souhaits de bonheur, c'est très touchant.
Camille: ah non alors, je ne veux pas te filer les larmes aux yeux! Ca fait déjà assez bizarre comme ça de t'imaginer sous le soleil californien le ventre vide!
(mais tu sais que j'ai encadré l'affiche, récupérée près de l'antiquaire? Merci!)
Florence des Lapins requins (j'adore ce nom!): merci, je vais aller feuilleter le livre en question! (j'adore les conseils de lecteur!)

02 octobre, 2010 10:52  
Anonymous rose said...

Votre déménagement nous vaut des billets bilans émouvants, au fil du tri des souvenirs. Bonne installation !

02 octobre, 2010 16:19  
Anonymous Camille said...

ça me fait TROP plaisir ! (j'espère que l'installation se passe bien)

02 octobre, 2010 19:17  
Anonymous Maya the Bee said...

Pour moi c'est l'inverse, la symétrie: c'est en regardant des portraits des victimes du génocide khmere que je suis parvenue à approcher la Shoah. Sans ce détour par le Cambodge, je n'aurais jamais réussi à approcher ce qui arriva à ma famille. Echos, echos...

03 octobre, 2010 19:53  
Anonymous Anonyme said...

il me serre un peu le coeur ce billet.notamment le passage avec - le dégout de - la couleur bleue.

le passage des 30 cartons à faire après le passage des déménageurs me met sacrément la pression pour tout ce qu'il me reste à faire d'ici le 15!!

j'adore biarritz, je note les adresses

bien à toi

atlante

03 octobre, 2010 20:23  
Anonymous gabriella said...

Je passe souvent par ici, mais je ne
laisse jamais de commentaire ; cette
histoire à l'envers est émouvante et quel bel hommage à tes parents !
Belle plume aussi pour décrire tes
ballades dans Biarritz.

04 octobre, 2010 13:15  
Blogger Gracianne said...

Ca fait plusieurs jours que je ne sais pas quoi dire. C'est impossible de dire quelque chose de plus ou moins intelligent sur un texte aussi personnel.
Simplement, je suis contente que tes parents aient pu acheter un petit bout de terre de france, rien que pour eux.

04 octobre, 2010 13:47  
Blogger patoumi said...

Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

04 octobre, 2010 23:58  
Blogger patoumi said...

Rose: je suis un peu dans un état second depuis une quinzaine de jours, il y a mille choses à faire (très diverses: lire pour la thèse, prendre des photos, regarder des films de Bresson, cuisiner des gâteaux sans four etc) et tout cela me laisse à fleur de peau, j'ai vite les yeux mouillés, d'autant que dans tout ça, il faut aussi aller travailler!
Camille: je l'adore, tu sais.
Maya the bee: voilà, comme je suis à fleur de peau comme dit plus haut, ce genre de commentaire me file des frissons et j'ai envie de pleurer...
Atlante: je crois que nous sommes assez terribles en matière d'organisation, ceci explique cela!
Gabriella: ce sont des choses que je n'arrive pas à leur dire, et en plus, je sais qu'ils ne les liront jamais...
Gracianne: j'avais besoin de raconter ça en posant les cartons ici, parce que j'ai vu le chemin parcouru, et ce qu'il a coûté, pour eux. Et je suis très touchée par ce que tu en dis.

05 octobre, 2010 19:19  
Blogger Cécile said...

Un peu comme Gracianne, j'ai pas mal hésité avant de laisser un mot. Difficile de "commenter" des choses comme celles-ci. L'histoire de tes parents (et la tienne, en partie) me touche infiniment, tu le sais déjà. Comme me touche celle de tous ces gens forcés de quitter "leur" pays, leur terre, leurs racines pour migrer vers l'inconnu et obligés de s'y reconstruire (et à quel "prix" parfois). Dans un autre contexte, mes beaux-parents ont vécu ce genre d'exil forcé, quand ils m'en parlent aujourd'hui encore, j'ai le sentiment que malgré les signes "extérieurs" de réussite/ équilibre retrouvé/ cohésion familiale, ils ne s'en sont jamais véritablement remis. Et je ne les comprends que trop bien. Il faut laisser ce à qu'on l'on tient pour savoir à quel point ces choses/ êtres nous sont chers. Qui plus est lorsque le départ est forcé. Et que l'on fuit l'horreur.
Je t'ai lue avec bcp d'émotion. Parce que la simplicité, l'authenticité et la sincérité des propos ont plus de force que tout.
Et je n'ai pu m'empêcher de penser à mes propres enfants en lisant le passage où tu servais de traductrice à tes parents. Les miens ne vivent pas cela très sereinement alors que je suis à chaque fois si fière d'eux...
je t'embrasse fort. J'espère que vous soufflez un peu enfin et que des émotions plus sereines prennent le pas sur l'émotivité (bien normale, les changements, aussi heureux soient-ils,"éprouvent" tjs les individus...

06 octobre, 2010 08:55  
Blogger Sabbio said...

Cela fait quelques mois que je n'étais pas venue ici mais, comme toujours, tu sais me toucher.

Quand tu parles de tes parents, de ton enfance à chaque fois il y a cette note d'admiration (de leurs parcours) mêlée à la nostalgie! Ca fait plaisir tout le chemin que tu racontes...

Quant à Jean Rochefort je l'aime beaucoup aussi, moi aussi Disney Channel y est pour beaucoup! ;)

Quant à la Suède c'est drôle de voir et lire tout ce que tu y as fait d'autant que nous avons failli nous y rendre en août!

06 octobre, 2010 14:37  
Anonymous Myriam said...

J'avoue lire les premières lignes de tes textes et bien souvent je ne vais pas plu loin. Par manque de temps surement ... Mais j'ai lu ton texte sur ces parcours de vie jusqu'au bout et j'ai été très émue. Merci pour ce beau moment.

07 octobre, 2010 18:53  
Blogger patoumi said...

Cécile: envie de t'écrire sur du papier, vite. A bientôt!
Sabbio: j'espère t'avoir donné envie de repenser à la Suède!
Myriam: bah voilà pourquoi j'ai renoncé à être écrivain...!

08 octobre, 2010 17:38  
Anonymous Maya the Bee said...

Pardon Patoumi... je ne voulais pas te faire pleurer.

09 octobre, 2010 15:05  
Anonymous Artsakountala said...

Ce billet m'émeut ...

11 octobre, 2010 09:25  
Blogger Cocotte said...

J'aime comme tu rends jolis même les moments difficiles... Et j'ai envie d'emmener mon amoureux à Biarritz, si en plus y a un lomoshop...

11 octobre, 2010 18:21  
Blogger patoumi said...

Maya the bee: oh non, il ne faut pas s'excuser, j'ai été très émue je crois de toute façon d'avoir écrit ce billet.
Artsakountala: comme moi!
Cocotte: et de bonnes pâtisseries :-)

11 octobre, 2010 19:48  
Blogger misa said...

Je suis touchée comme souvent par tes billets. Je suis certaine que tes parents sont fiers de toi, et ils ont mille fois raison !
Une autre partie de ton billet m'inquiète, je déménage bientôt et je ne suis pas la reine de l'organisation non plus, ça me promet de belles soirées cartons !

16 octobre, 2010 15:03  
Blogger patoumi said...

Misa: j'avoue que pour les cartons, j'ai préféré le déballage à l'emballage...

18 octobre, 2010 09:59  

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