lundi 4 décembre 2006

Tea time parfum citron-fraises séchées, le rêve d'une journée sur une plage anglaise

On est le 29 Août et on se lève un peu plus tôt que d'habitude; on sait que dans deux jours, il faudra plier bagages et déjà on pense davantage aux fastidieuses journées qui se profilent plutôt qu'à celles, radieuses, des beaux jours d'été.
Le petit déjeuner sera rapide mais agréable. Pour ma part, quelle que soit la saison, quel que soit l'endroit, je bois invariablement depuis plus de dix ans une tasse de chocolat chaud, du Poulain Grand Arôme, dans sa boîte en plastique orange. Dans mon dernier appartement, où j'ai vécu quatre ans, j'avais aligné toutes les boîtes consommées en petit muret, façon Campbell's soup, ce n'était pas trop laid. Je suis tellement attachée à ce chocolat (et ce malgré de nombreuses remarques de mon entourage quant à sa gustativité) qu'il part systématiquement en voyage avec moi, même le temps d'un weekend. Si le petit-déjeuner peut également comporter un verre de bon jus d'orange, alors je suis ravie. Et si en plus, il y a quelques tartines de bon pain avec du beurre salé et de la confiture de fraises pas trop sucrée (comment ça je suis difficile?) alors la journée s'annonce très bien. G. quant lui, a besoin d'un café très sucré et si la matinée ne s'annonce pas trop sédentaire et que le déjeuner sera tardif, il ne refusera pas un croissant bien feuilleté et fondant à la fois.
On savait déjà en se levant qu'on passerait la journée sur la plage de Brighton. Les affaires sont déjà prêtes dans le grand cabas à fleurs, il ne reste plus qu'à mettre dans un panier le pique-nique joliment empaqueté qui attend au réfrigérateur.
Dans la voiture qui roule tranquillement vers la mer, on écoutera Nouvelle Vague et Astrud Gilberto. G. évoquera des vacances anciennes et nous nous rappellerons par exemple le goût du poisson grillé sur la plage de Mirissa.
Sur celle de Brighton, il y aura peu de monde. Avant d'étaler les serviettes, on marche un peu le long de la mer, s'étonnant de ses reflets gris-verts. On hésite à ôter les sandales pour goûter l'eau mais on se raisonnera en se disant qu'il y a toute la journée pour cela. Il ne fait pas vraiment chaud mais on aura prévu un petit pull doux et léger. On surprend un crabe minuscule s'enfuir à toute allure entre des rochers.
Sur les serviettes, on commence d'abord par rêver un peu. Et puis je feuillette des magazines féminins, j'observe les pages mode et je montre à G. ce qui sera tendance l'hiver prochain. Il commente les imprimés, les modèles, les similitudes avec les collections d'il y a deux ans.
Bientôt viendront s'installer non loin de nous une maman et ses deux petites filles, étrangement sages, qui commencent tranquillement à faire des pâtés.
Et puis il sera midi, on se surprend à enlever le petit pull. Du panier en osier, on sortira par exemple une petite salade de poulet à la mangue et à l'ananas, comme celle suggérée par Estérelle pour ses Brunchs branchés, et puis des petits sandwiches et du clafoutis aux pêches. On observe les quelques voiles blanches qui passent au loin et on parle de gens croisés et qui ne cessent de nous intriguer.
On lit aussi, allongés sur le ventre; par exemple pour ma part, Femmes et filles d'Elizabeth Gaskell, parfait quand on a lu tous les romans de Jane Austen et qu'on en veut encore. G. quant à lui, est plongé dans la biographie de Jacques Lacan où il apprend avec effroi que Jacques menait une double vie.
Et puis on voit les deux petites filles sages s'élancer avec enthousiasme vers la mer alors on se décide de la goûter nous aussi, mais ça n'est pas très important. Ceci dit, elle n'est pas mauvaise du tout.
On range les affaires dans le grand cabas fleuri, on enroule les serviettes sur elles-mêmes, on sourit et on se dit que rentrés à la maison, pour le goûter, on ferait bien des scones au citron et aux fraises séchées.
Je me souviens avoir lu la recette dans le livre consacré au citron des Editions de l'Epure, oui, dans la collection qui propose dix façon de cuisiner un produit. Parfois imités, très loin d'être égalés. Ces livres n'ont que des qualités, ils sont jolis et bien écrits, les recettes font parfois sourire et souvent se resservir. J'aime bien aussi en envoyer pour les anniversaires d'amies qui sont loin: celui sur les glaces pour E. qui venait d'acheter une sorbetière, celui sur le pesto pour L. qui adore les pâtes et l'huile d'olive...
Dans la recette originale, il s'agit de scones au citron et aux myrtilles séchées mais j'avais des fraises séchées dans le placard et le mariage me paraissait plaisant. J'ai suivi les instructions à la lettre mais ça a été un échec total. Quand j'ai achevé la pâte, je la trouvais bien trop crémeuse pour une pâte à scones mais, je ne sais si c'est par paresse ou par optimisme aveugle, je n'ai pas chercher à améliorer les choses tant qu'il en était encore temps (d'autant que G. avait goûté la pâte à cru et l'avait trouvée délicieuse). Ainsi, j'obtins d'abord deux grands sablés dorés, très bons et délicieusement parfumés au demeurant. Puis sur une suggestion de G., je verse le reste de pâte dans un moule à muffins et j'obtiens un petit cake, aérien et moelleux, au bon goût de citron. Ouf, le goûter était sauvé mais je ne m'avoue pas vaincue: je veux des scones maison!!!

Les scones au citron et aux fraises séchées inspirés d' Elisabeth de Nederlanden
J'avais divisé les proportions par deux, ouf
-2 cuillères à soupe de zeste de citron râpé
-3 cuillères à soupe de jus de citron
-400g de farine
-120g de sucre en poudre
-2 cuillères à café de levure chimique
-120g de beurre froid en petits morceaux
-100g de fraises séchées
-50ml de crème liquide
-50ml de lait (j'ai mis du lait ribot, c'est quand même pas à cause de ça?)
-100g de mascarpone

Mélanger la farine, le sucre, la levure et les zestes.
Ajouter le beurre et mélanger du bout des doigts pour obtenir un mélange grumeleux.
Ajouter les produits laitiers, deux cuillères à soupe de jus de citron et les fraises. Mélanger.Etaler la pâte et découper des cercles (cette étape m'a été impossible, c'est là que la pâte était délicieusement et désespérément crémeuse).
Napper avec le reste de jus de citron et saupoudrer de sucre avant d'enfourner à 200° pendant 25 minutes.

13 Comments:

Anonymous Cathy said...

ton billet m'inspire plusieurs commentaires,
d'abord sur les tartines au beurre salé, je ne saurais pas m'en passer, le beurre non salé me semble fade, ensuite sur la confiture de fraises, je la trouve toujours trop sucrée, je crois que je vais me la faire moi-m^me pour obtenir le gout que je veux
Ensuite, sur les éditions de l'épure, j'adore cette collection, moi aussi, du coup le billet d'Estérelle m'a donné des idées et j'ai demandé ça pour noël, rien que de couper les pages me met en joie !
sur ta recette, j'adore, je vais la faire dès que possible, par contre je vais remplacer les fraises par autre chose, encore peur que ce soit trop sucré

04 décembre, 2006 15:14  
Blogger Gracianne said...

Tu donnes une image toute romantique de la plage de Brighton. Dans mon souvenir c'est plutot biere et fish&chips, ballon, jouets et ce grand manege a l'ancienne de chevaux de bois. Sommes nous allees sur la meme plage?

04 décembre, 2006 16:00  
Anonymous eva said...

Comme l'écrit Marek Halter, "Certes, un rêve de beignet, c'est un rêve, pas un beignet. Mais un rêve de voyage, c'est déjà un voyage." ... Alors ... On est pas loin, sur un plaid face à la mer ... et on viendrait volontiers partager ces faux scones divinement citronnés.

04 décembre, 2006 16:35  
Anonymous catoche said...

Je vais essayer ta recette pour voir si c'est liquide...

04 décembre, 2006 16:36  
Anonymous Mayacook said...

J'ai passé un an à Brighton et c'est vrai que j'avais plutôt la même image que Gracianne mais je troc volonier contre ta version...avec les scones en plus!

04 décembre, 2006 16:42  
Anonymous Lena said...

Tu sublimes merveilleusement, et j'entre volontiers dans ton monde, un peu hors du temps, nonchalant et raffiné.

On m'a offert Le Rose aux éditions de l'épure, des recettes pleines de poésie. Le cake du bonheur aux pétales de roses a eu un joli succès ici...

04 décembre, 2006 18:44  
Blogger patoumi said...

Cathy: ah une adepte du beurre salé... J'ai dû affronter quelques sourires narquois le jour d'un petit déjeuner collectif où les gens m'ont surprise à saler mes tartines...
Gracianne et Maya: argh, des expertes en matière de Brighton;-) En fait j'avais vu des photos dans Elle et ça avait l'air vraiment joli mais sans doute puis-je davantage vous faire confiance...
Eva:quelle jolie citation... Quand je ne pense pas aux cheesecakes, je rêve effectivement beaucoup aux contrées encore inexplorées
Catoche: oh oui! J'aimerais bien voir le résultat parce que je pense qu'en vrais scones, ça doit vraiment être bon!
Léna: je sens que le rose, je vais l'acheter...

05 décembre, 2006 23:31  
Blogger Gracianne said...

Ah, c'etait donc un reve de Brighton? Joli ma foi, et fort bien ecrit, j'y ai cru. La realite est beaucoup plus terre a terre, mais sympathique quand meme. J'aime beaucoup la plage de Brighton.

06 décembre, 2006 13:19  
Anonymous lilizen said...

Délicieuse écriture ! Fan d'Austen, je pense devenir addict itou de Patou. Association fraise séchée-citron : diablement tentante. je suis déjà adepte du citron-framboise (si si...il y a un rapport avec la choucroute) et gloups !...ma prose craint un peu. Bonne fin de soirée ! je poursuis la mienne à lire quelques-uns de tes billets.

06 décembre, 2006 23:05  
Blogger Mamina said...

Je viens juste de te lire avec retard et j'ai adoré. je pense que la recette va aussi beaucoup me plaire.

08 décembre, 2006 21:29  
Anonymous Cathy said...

moi aussi je suis allée à Brighton .. ton récit ne pouvait être qu'un rêve,

16 décembre, 2006 11:54  
Anonymous lory said...

il a l'air moelleux et délicieux ce gâteau!

30 mai, 2007 20:49  
Blogger Stephanie said...

Je trouve cette photo SUBLIME.

19 octobre, 2007 20:39  

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