samedi 16 septembre 2006

Une soirée chez Abeno too

En allant au musée de la photographie de Londres, je suis restée un instant interdite devant les baies vitrées de Abeno too: des Japonais partagent avec un plaisir non dissimulé une sorte de crêpe fumante qu'ils découpent avec des petites spatules. Après consultation du menu, il s'agit d'Okonomyaki, la spécialité de l'endroit, appartenant effectivement au concept de la crêpe, garnie selon votre bon plaisir de crevettes, poulpe, saumon, cochon, chou chinois, fromage... Comme la priorité allait alors à la photo, nous nous sommes juste promis de revenir le soir même.
Les serveurs de Abeno too, non contents d'avoir de très jolis tee shirts, sont également extrêmement prévenants, même avec les touristes, ce qui ne paraît pas évident pour tous les Londoniens (le lendemain dans un pub, je trouve un cheveu dans la mash potatoes industrielle qui accompagne une ham and leek pie surgelée). Ils vous proposent de vous asseoir autour de l'immense comptoir en U ou aux plus classiques tables derrière la baie vitrée où vos mines ravies sauront allécher les passants (qui comme vous sortent dépités du Musée de la photo, parce qu' une expo des clichés de Blow up, était-ce vraiment nécessaire? Est-ce que le film ne se suffit pas à lui-même? Et puis, ne serait-ce pas le moins bon des Antonioni? Je préfère le visage de Monica Vitti dans L'avventura ou l'étreinte désespérée de Mastroiani et Moreau dans La Notte, mais bon, chacun ses gôuts).
A nous la baie vitrée. Nous prenons place sur des bancs en bois clair (qui font aussi coffre: on soulève le couvercle et on y dépose ses affaires) de part et d'autre d'une table à la surface de laquelle est encastrée une plaque en inox. Une fois que la serveuse est informée de notre choix d'okonomyaki, elle revient avec un joli arrosoir en alu brossé et des tas d'ingrédients sur un petit plateau. Elle verse un mince filet d'huile grâce à l'arrosoir sur la plaque en inox (dont elle règle la température à l'aide d'un petit thermostat, autant vous dire que vous ne risquez pas de mourir de froid chez Abeno too, je pense qu'on peut y rester bras nus, même en janvier), et avec une élégance toute japonaise, fouette dans un bol des oeufs, des oignons et du chou émincés, du piment et d'autres ingrédients secrets, avant de verser la préparation sur la plaque brûlante. Elle lui donne une forme de crêpe, répartit les ingrédients que vous avez mis un siècle à choisir et retourne savamment l'objet de toutes les convoitises avant de le recouvrir d'un mignon petit couvercle. Vos glandes salivaires n'en peuvent plus. Enfin, elle retire le couvercle, et selon votre désir, recouvre votre okonomyaki de mayonnaise et de sauce okonomi en cercles concentriques, de paillettes d'algues et de bonite séchée.
Quant à vous, vous découvrez le bonheur de déguster votre premier okonomyaki, un goût indéfinissable: c'est chaud, subtilement épicé, sucré juste ce qu'il faut, très légèrement croustillant sous la dent et infiniment moelleux en bouche.
Pour vous rafraîchir et parce que vous vous sentez vraiment bien chez Abeno too, vous décidez de partager avec votre amoureux une glace home made au thé matcha et tout est ravissement.

3 Comments:

Anonymous Anne13 said...

un de mes plats préférés japonais !! merci pour l'adresse, nous serons à LOndres en novembre ...

29 septembre, 2006 09:12  
Anonymous San des Frangines said...

Merci pour l'adresse.
J'adore la cuisine japonaise et Londres reste à ce jour la ville où je me sens le mieux au monde ^___^

25 octobre, 2006 14:52  
Blogger Grégoire said...

c'est marrant que ce premier post soit écrit à "vous".

15 juin, 2009 10:15  

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